Moroccan Shappe: Une rencontre avec Fahd Hand Surfboard

Moroccan Shappe

Une rencontre avec Fahd Hand Surfboard

J’ai rencontré Fahd il y a déjà plusieurs années j’étais en surftrip au Maroc et j’ai pété une de mes boards. Lorsque tu es dans la région de Tamraght et que tu as besoin d’un bon shapper c’est vers Fahd qu’on te dirige. Il se trouve que j’avais besoin de contact et que nous avions des amis en commun avec Fahd, notamment Arno un super mec qui vie en Indonésie. J’étais allé vivre chez lui plusieurs mois pour surfer certaines îles en Indo.
Ça fait maintenant 5 ans que je viens surfer au Maroc et il m’est difficile de ne pas passer voir Fahd. Maintenant avec google tu trouves l’adresse de son local où il fait les réparations. Mais sinon difficile de dire que Fahd s’embête avec la publicité. De la route on ne voit rien. Pas un panneau, pas une enseigne. Juste un tas de planches, beaucoup de planches. Fahd travail à Tamraght dans ce petit local proche de la route juste côté du seul feu rouge du village. C’est ici que vous le trouverez s’il n’est pas allé se caler une session de surf. Dans ce petit local qu’il loue il répare les planches des surfeurs du monde entier passant dans le coin comme les planches des locaux.
Il détient également un autre local qu’il possède pour le shappe. Plus au calme où il prend le temps de fabriquer les planches qu’on lui demande. Si les réparations sont toujours de qualité j’adore les shape de Fahd. D’abord il sait tout faire, et saura tout faire en fonction de ce que tu recherches. J’ai une board de chez lui qui fonctionne vraiment bien. Finalement que ce soit pour se faire créer une belle planche, pour en réparer une ou bien simplement pour passer cinq minutes avec lui on ne sera jamais déçu. Parce que Fahd est un surfeur avant tout très sympathique avec une belle mentalité. Un bon gars qui bosse bien et qui n’oublie jamais de faire passer le surf avant tout. Voici le retour de ma rencontre avec Fahd cet hiver au Maroc.

Salut Fahd, depuis combien de temps tu shapes ?

Depuis 18 ans. J’ai d’abord commencer le surf puis ensuite le shape.

Tu as appris comment ? Comment t’es venu l’idée de shapper ?

J’ai appris tout seul, c’est un don de dieux pour moi. Pour shapper il faut surfer c’est évident. Je suis passionné et amoureux du surf. Il fallait que je comprenne la glisse et comment ça marche. J’ai voulu apprendre pour mieux comprendre le surf. Ça fait que si je peux tester ou faire tester les planches c’est encore mieux. Si ça ne va pas on peut en refaire une on revend la planche et on s’améliore pour trouver le Shape qui convient.

Comment tu réparties ton temps entre la fabrication et les réparations ? Pas évident non lorsque je vois toutes ces planches autour de nous ?

Oui j’ai beaucoup de travail mais je garde toujours du temps pour surfer. La réparation c’est beaucoup de temps et ce qui me fait gagner plus d’argent pour vivre. Le shape c’est plus rare, c’est moins. Quand il n’y a pas de surf je bosse à fond. S’il y a du surf je surf et je fais plus du glassage. C’est plus tranquille.

Mais tu bosses quand même seul ?

Oui s’il y a un problème c’est moi pas une autre personne. Alors on cherche le problème, on remonte la chaine et on fait les choses bien. Ça me va bien de travailler comme ça.

Avec l’évolution du surf et du nombre de surfeur ici ne crains-tu pas que d’autres shapper s’installent ?

Non pourquoi ? Il faut 10 ans pour apprendre à travailler avec les Marocains ici et faire du bon travail. La concurrence … Pukas (il rigole…) … ? Si ça arrive qu’il faille grandir je prendrais une personne avec moi pour le glassage et quelques réparations. Mais ça on verra bien, c’est le futur dans le temps donc on verra.

Avec les problèmes écologiques de plus en plus urgent à régler comment les shappers peuvent jouer un rôle pour que le surf soit moins polluant ?

On consomme moins si on fait de la bonne qualité. Fabriquer moins de planche mais des bonnes planches. Si on privilégie les petits shapper on aurait moins de problème au lieu d’acheter des planches de grosses usines. D’abord la qualité comme je te dis. Les matériaux ça va évoluer tout seul, ça ne dépend pas trop de moi. Je fais avec ce que j’ai ici. Le bois ? Il faut couper des arbres, le transporter. Je ne sais pas si c’est mieux. Mais il y en a ils changent de planches 4 ou 5 fois par ans. Les pros encore plus même si c’est différent. Si on veut moins consommer de matériaux il faut bien travailler. C’est ça la première chose importante.

 

Une dernière question Fahd. Le Taghazoute bay (QS 5000) arrive ce mois-ci (Janvier 2020). Qu’est-ce que tu en penses pour le surf au Maroc ?

Je ne peux rien te dire. C’est la première fois. Donc on va voir.

Mais avec l’explosion du surf ici, l’ambiance à l’eau qui a un peu changé, Anchor point n’est pas déjà assez connu ?

C’est grâce à cette vague qu’il y a des touristes. Parler de cette vague c’est remercier les gens qui sont venus ici surfer au début, les Australiens tout ça. Si ça peut expliquer à l’état l’histoire d’ici c’est bien. Qu’ils sachent qu’au Maroc on a des joyaux comme ça. Tout le monde y gagne au final. Je suis contre le localisme. Tout le monde prend soin de la terre alors tout le monde peut en profiter. C’est comme partager une pomme. Dieux à créer tout ça alors il faut apprendre à le partager. Même si on est de plus en plus nombreux les vagues ne nous appartiennent pas. Elle est magnifique la vague de Anchor point, tout le monde doit en profiter.

Merci Fahd. Merci encore pour tout. C’est un réel plaisir de te voir. Comme toujours. Tu fais un super beau travail et j’embarque une de tes planches avec moi pour finir ce trip surf. On reste en contact. A bientôt.

Ne manquez pas de passer voir Fahd si vous êtes au Maroc c’est le shapper qu’il vous faut.
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